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Chantier de restauration — Juin 2026

Retour à la vie pour la pinasse
« L'Étoile du Bassin »

Après dix-huit mois de travail patient, notre atelier de restauration rend une âme à l'une des dernières pinasses traditionnelles du bassin d'Arcachon.

Charpentier de marine travaillant sur la coque d'une pinasse dans un atelier au bord de l'eau, outils visibles autour de lui, lumière matinale
Atelier de Biganos, printemps 2025 — Christophe Larrieu, charpentier de marine et membre fondateur de Boussole, au travail sur la membrure arrière de « L'Étoile du Bassin ».

C'est une barque qui semblait condamnée. Échouée depuis des années sur une cale de Gujan-Mestras, la pinasse baptisée « L'Étoile du Bassin » n'était plus qu'un squelette de bois gorgé d'humidité, ses planches disjointes laissant passer la lumière comme autant de blessures. C'est dans cet état que nos bénévoles l'ont découverte à l'automne 2024, grâce au signalement d'un habitant du quartier. Quelques semaines plus tard, la décision était prise : nous allions la sauver.

La pinasse est bien plus qu'une embarcation. Née de l'ingéniosité des populations du bassin d'Arcachon au XIXe siècle, elle a été conçue pour naviguer dans ces eaux peu profondes, entre chenaux, estrans et parcs ostréicoles. Sa coque plate, son fond en bois de pin maritime, ses bordés débordants — tout en elle répond à la logique du milieu qui l'a enfantée. Restaurer une pinasse, c'est donc aussi restaurer une façon de lire le paysage.

Restaurer une pinasse, c'est aussi restaurer une façon de lire le paysage — une mémoire inscrite dans chaque virure, chaque membrure, chaque rivet de cuivre.

Les travaux ont débuté en janvier 2025 dans notre atelier de Biganos, sous la direction de Christophe Larrieu, charpentier de marine et membre de notre association depuis sa fondation. Le diagnostic initial a révélé l'ampleur du chantier : quilles à reprendre, membrures vermoulues à remplacer, calfatage entièrement refait au coton et au brai végétal selon les techniques d'autrefois. Pas question d'utiliser des matériaux modernes qui auraient dénaturé l'authenticité de l'embarcation.

Chaque samedi matin, des bénévoles de tous âges ont rejoint l'atelier. Certains étaient charpentiers à la retraite, d'autres de simples curieux qui ne savaient pas tenir un rabot. Christophe leur a tout appris : comment lire le fil du bois, comment chauffer une planche pour lui donner de la courbe, comment poser un rivet en cuivre sans fendre la membrure. Ce partage intergénérationnel est au cœur de notre mission : le patrimoine ne se conserve pas dans une vitrine, il se transmet de main en main.

Au printemps 2026, « L'Étoile du Bassin » a été mise à l'eau pour la première fois depuis plus de quinze ans. La cérémonie, modeste et émouvante, a réuni une cinquantaine de personnes sur le ponton de Biganos. L'embarcation flottait droit, stable, silencieuse — comme si elle attendait ce moment depuis longtemps. Plusieurs anciens ostréiculteurs présents ce jour-là n'ont pas caché leur émotion.

L'embarcation sera désormais utilisée lors de nos sorties pédagogiques à destination des écoles du bassin et lors des journées du patrimoine. Elle deviendra un support vivant pour expliquer aux nouvelles générations ce qu'était la vie sur l'eau ici, avant les moteurs hors-bord et les vedettes de plaisance. Une victoire pour la mémoire collective du littoral girondin.


Si vous connaissez une pinasse ou une embarcation ancienne qui pourrait nécessiter une restauration, contactez-nous — chaque signalement est examiné avec soin.


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